Tous les soirs. Tous les soirs mon fils de 4 petites années prolongeait le moment du coucher en me tirant le bras pour que je reste. Cela faisait déjà plusieurs semaines et j’appréhendais ce moment que j’avais pourtant idéalisé dans mon esprit de jeune mère comme étant un temps calme, doux, tendre… comme dans les livres avec les petits animaux.

Dans ma tête d’adulte, je pestais en me disant que ce n’était pas comme si je venais de passer 1h avec lui à lui lire une histoire, lui chanter une chanson, lui faire des bisous et des câlins.

Bon… je savais où le était le problème. J’étais dans le « faire », et pas dans l' »être » à ce moment-là. Je faisais la lecture, je faisais un câlin, je faisais un bisou, je faisais la bonne mère. Sauf que mon besoin à moi, à ce moment là, c’était du silence. Tout ce que je voulait c’était être dans ma bulle. Alors je faisais, mais je n’étais pas là.

J’ai essayé de faire semblant d’être vraiment là. Bah oui, j’avais bien percuté avec ma tête que ce que je « faisais » n’était pas ajusté et que, bien évidemment, mon fils le captait comme un néon en plein milieu de mon visage… Mais ne me demandez pas pourquoi, ça ne fonctionne pas…

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Donc son besoin : je n’en sais rien… toujours est-il que sa stratégie était alors de me retenir.
Et mon besoin : ma bulle… et ma stratégie est très pitoyablement de faire semblant de lui donner du temps, puis en gros de le lui reprocher, et enfin d’être dans l’énergie opposée à la sienne : me détacher.

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J’aurais pu être vraiment là pendant tout le temps du coucher. Sauf que j’ai essayé, mais non, j’avais Vraiment besoin de silence et d’un temps pour moi. Donc il m’a fallu trouver une autre alternative.

C’était une période où je m’intéressais à l’approche de Palo Alto. Le 180° adopte l’attitude opposée à celle qu’on a habituellement, parce que justement ça ne fonctionne pas. J’ai donc décidé d’essayer. Parce que ras-le-bol de me faire tirer le bras tous les soirs après avoir passé 1h avec mon loulou. Et aussi absolument pas satisfaite de la manière dont je ne respectais pas ses besoins. Un soir, je me sentais détendue et vraiment sereine. Etat qui me semble indispensable pour pouvoir faire un 180°. Il ne s’agit là pas de faire semblant ! Mon besoin de « bulle » n’était pas tellement important. J’ai donc décidé de tenter un 180°. Mon intention était de sortir de ce cercle vicieux : au plus je veux partir, au plus il veut que je reste – et également me réajuster au besoin de mon fils.

Histoire lue, câlin et bisou faits, je me suis levée pour quitter la chambre et comme tous les soirs, mon fils a attrapé mon bras en me demandant de rester. Habituellement, j’aurais tiré dans le sens inverse pour qu’il me lâche et me sentant oppressée et impuissante, je me serais énervée.

A la place de ça, de manière la plus congruente et honnête (sinon ça marche pas !), je lui ai dit :
– Allez vas-y, tire tire tire ! Autant de temps que tu voudras !

Ca a duré 8 secondes. Il m’a dit bonne nuit. C’était réglé.

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Limite je lui aurais dit : « Euh… c’est tout ? Tu veux pas tirer encore là ? Parce que je m’étais pas préparée à ce que ça marche si bien ».

Il y a eu quelques rechutes mais globalement c’était terminé. Par le 180°, mais surtout parce que j’ai intégré dans mon corps que lutter ne servait à rien et que la présence authentique à son besoin était peut être juste ce qu’il lui fallait. Pas que j’y réponde forcément, mais que je le reconnaisse. Ma peur que ça n’en finisse plus s’est estompée, j’ai pu vraiment Etre là et non plus seulement faire le rituel du coucher. Du coup, par ricochet, il n’avait plus besoin de me lancer des alertes pour me montrer que je ne prenais pas soin de notre relation.

Et du coup, je me suis inscrite à 10 jours de formation à l’approche de Palo Alto !!

 

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